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Musicien

Jean Nohain

Date de naissance 1900 à Paris, France

Date de décès 25.1.1981 à Paris, France

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Jean Nohain

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Jean Nohain, dit « Jaboune », de son vrai nom Jean-Marie Legrand, est un animateur et parolier français, né le 16 février 1900 à Paris 9e[1] et mort le 25 janvier 1981 à Paris 16e.

Il reprend le nom de plume de son père, Franc-Nohain, inspiré d'une rivière donziaise. Le 24 février 1921, il épouse Jeanne Delaunay (1899-1979), une amie d'enfance ; le couple aura quatre enfants : Marie-Françoise, Dominique, Denis et Daniel.

Carrière

Fils de l'écrivain et librettiste Franc-Nohain et de Marie-Madeleine Dauphin (1879-1942), il est le frère de l'acteur Claude Dauphin. Son parrain était Alfred Jarry. Sa petite-fille est l'écrivaine Raphaëlle Giordano[2].

En 1918, âgé de 18 ans et avec l'autorisation de son père, il s'engage dans l'armée et est affecté dans un régiment d'artillerie à cheval et au centre d'instruction de Saint-Julien-du-Sault (Yonne). Lors de son instruction, un caporal-chef demanda au peloton : « Combien de temps met le fût du canon pour refroidir ? ». La réponse, « un certain temps », devint un sketch célèbre, repris par Fernand Raynaud. Il est engagé dans les ballons captifs et envoyé à Zamask combattre à cheval les Ukrainiens[3].

Après la Première Guerre mondiale, il est journaliste à L'Echo de Paris où il s'occupe de la page pour les enfants.

En 1923, il entre à la radio pour y animer une émission de jeux[4], notamment pour la jeunesse, sous le pseudonyme de « Jaboune ». Il a notamment l'idée de créer le jeu radiophonique intitulé Avec quoi faisons-nous ce bruit ? où les auditeurs doivent reconnaître un bruit (porte qui claque, timbre de bicyclette, etc.). Jean Nohain raconte qu'il fut renvoyé de Radiola, comme suite à la plainte d'une centaine d'auditeurs, après avoir voulu faire deviner le bruit de versement du contenu d'une carafe dans une cuvette, ceux-ci croyant reconnaître une miction[5].

Il est aussi parolier, notamment de Mireille. En 1934, sur des textes de Jean Nohain, Francis Poulenc compose les mélodies des Quatre chansons pour enfants. En 1935, il compose Puisque vous partez en voyage, sur une musique de Mireille, la chanson est interprétée en duo par celle-ci et Jean Sablon.

Combattant lors de la Seconde Guerre mondiale, en juin 1940, il perd son char au combat près d'Abbeville. Il est décoré de l'ordre de la Francisque[6], marque d'estime du régime de Vichy. Mais il rejoint les Forces françaises libres à Londres[7] et combat ensuite au sein de la 2e division blindée. Il arrive le premier, à la libération de Paris, devant Notre-Dame, sur un char d'assaut [8]. Le 23 novembre 1944, il reçoit une balle qui lui paralyse le visage pour le restant de ses jours. C'est pourquoi, par la suite dans les émissions de télévision, il s'est toujours efforcé de présenter « son meilleur profil ». Il était souvent accompagné, pour présenter ses émissions, du ventriloque Jacques Courtois avec sa poupée Omer comme interlocuteur pour ne donner que « le bon côté » de son visage.

Il met aussi sur pied l'opération « Reine d'un jour », permettant à une française prise au hasard de vivre comme une reine le temps d'une journée en échange de ses impressions.

En 1950, il est engagé par Wladimir Porché pour la télévision. Les débuts sont difficiles : « Je n'y connaissais rien. Nous nous y sommes mis à une dizaine d'amis, dont Henri Spade et Pierre Tchernia. On a filmé quelques émissions. Au début, on se faisait engueuler. Les acteurs, inexpérimentés, étaient affolés devant les caméras. Un jour Marie Bell, venue dire un poème, a oublié son texte et s'est mise à pleurer. Une autre fois, c'est Louis de Funès qui est resté en panne au milieu d'un poème de mon père, Le Poisson rouge. Nous avons fait quelques émissions ratées[9]. »

Après une pause de deux mois, il a l'idée de créer 36 chandelles[10], une émission de variétés télévisée considérée comme étant de grande qualité, diffusée sur la RTF du 27 octobre 1952 au 7 juillet 1958. Cette émission a permis au grand public de découvrir Fernand Raynaud qui en était un invité quasi permanent, le ventriloque Jacques Courtois ou encore Robert Hirsch et le géant belge Fernand Bachelard.

À la fin des années 1950, il anime des émissions pour les enfants sur Radio-Luxembourg, puis à la télévision dans les années 1950, 1960 et 1970 en collaboration avec Gabrielle Sainderichin, le ventriloque Jacques Courtois avec sa poupée Omer, Gilbert Richard et Jacqueline Duforest[11].

En 1960, Jean Nohain est contraint de prendre sa retraite de la télévision mais pouvait toujours proposer des concepts de programmes, ce qu'il fait jusqu'en 1972.

Il a de nombreuses idées originales. Par exemple : aller porter un bonhomme de neige en Nouvelle-Calédonie (Le Grand Voyage de Bonhomme de Neige, à Nouméa- ORTF 1re chaîne, Noël 1968, Réalisateur André Leclerc). Dès 1960, il invente aussi la première émission de reportages pour enfants à l'ORTF : Quand j'avais dix ans. Celle-ci met en scène des reporters de dix ans qui abordent des sujets intéressant l'enfance tels que par exemple une interview d'Annie Fratellini, mais vu sous l'angle et avec les questions d'un enfant de dix ans. Diffusée le jour de congé de tous les écoliers et sur l'unique chaîne de télévision de France, l'émission Quand j'avais dix ans connait un très grand succès.

Jean Nohain est aussi l'auteur de livres pour enfants, comme Friquet pilote de ligne ou les séries des Frimousset, des Grassouillet et de La Famille Amulette, toutes illustrées par Joseph Pinchon, l'auteur de Bécassine.

Sur scène, Jean Nohain se caractérisait par une bonhomie et un regard malicieux ponctués de quelques expressions qui lui étaient typiques (par exemple « bien de chez nous », « c'est merveilleux », etc.) Caricaturé sans méchanceté par des humoristes de l'époque, son esprit de perpétuel naïf émerveillé devant les progrès de la civilisation était en phase avec l'optimisme général des années 1950 et 1960, et apprécié pour cette raison.

Dans les années 70, refusant de prendre sa retraite, il parcourt la France en y animant des galas où se produisent Mathé Altéry, la chanteuse Marie-Claire Tambour et le comique Amédée. Il affiche alors, malgré son âge, une santé de fer, un dynamisme et de la bonne heure, déclarant en 1978 : « Dans la vie, l'important est de ne pas s'arrêter : les malheureux qui partent à la retraite, s'installant devant un poste de TV ou autour d'une table de belote, sont foutus. S'il ne m'arrive aucun accident, si je ne suis pas malade, je continuerai jusqu'au bout. J'ai dit oui à la vie, oui à la France. C'est ma joie d'aller de ville en ville. » Il écrit aussi des articles pour le magazine Notre temps[12].

Il meurt le 25 janvier 1981, quelques mois avant Georges Brassens (décédé en octobre), l'un des grands chanteurs et artistes qu'il admirait et dont il avait aidé la carrière en l'invitant souvent à son émission 36 Chandelles, dans les années 1950, au temps où il n'y avait qu'une seule chaine de télévision. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 89)[13].

Jean Nohain a quatre enfants et quinze petits-enfants[12]. Son fils Dominique Nohain a fait une apparition dans quelques-uns de ses spectacles, mais s'est orienté ensuite vers une carrière d'auteur dramatique.

Il vécut square Alboni (16e arrondissement de Paris). Une plaque lui rend hommage.

Prix Jean Nohain

En 2004, le prix littéraire Jean Nohain[14] est créé, ses lauréats sont :

  • 2012 : Guy Marchand, Le Soleil des enfants perdus
  • 2010 : Jean-Jacques Debout, Denis Taranto, Ma vie à dormir debout : Autobiographie, Xo
  • 2009 : Richard Bohringer, Zorglub et les Girafes, Flammarion
  • 2008 : Patrick Poivre d'Arvor pour l'ensemble de son œuvre
  • 2007 : Roger Hanin, Loin de Kharkov, Grasset
  • 2006 : Catherine Ceylac, Secrets de plateau : 10 Ans de Thé ou Café sur France 2, Le Cherche-midi (ISBN 978-2749-105499)
  • 2005 : Zappy Max, L'âge d'or de la radio, Le Rocher (ISBN 978-2268052076)
  • 2004 : Charles Aznavour, Le temps des avants, Flammarion (ISBN 978-2080685360)

Œuvres

  • La Famille Fanfare, albums Jaboune, texte de Jean Nohain, images de Poléon, Calmann-Lévy éditeur, 1952.
  • La Main chaude, Jean Nohain, Paris, Julliard, 1980 (OCLC 6609414)
  • Les Châteaux de sable, Jean Nohain, Arlette Albane, Paris, P. Horay, 1977 (OCLC 3531268)
  • Bien de chez nous ! : mot à mot de A à Z, Jean Nohain, Paris, Éditions de Provence, 1976 (OCLC 2492660)
  • Gaffes et Gaffeurs : bévues, bourdes, cuirs, impairs, maladresses, pataquès, pieds dans le plat, quiproquos, Jean Nohain, Paris, P. Horay 1972 (OCLC 709629)
  • Frégoli, 1867-1936, sa vie et ses secrets, Jean Nohain, François Caradec, Paris, la Jeune Parque, 1968 (OCLC 3914379)
  • Le Pétomane, 1857-1945, sa vie, son œuvre, Jean Nohain, François Caradec, Paris, J.J. Pauvert, 1967 (OCLC 2062283)
  • La Traversée du XXe siècle, Jean Nohain, Paris, Hachette, 1966 (OCLC 19006849)
  • Histoire du rire à travers le monde, Jean Nohain, Paris, Hachette, 1965 (OCLC 1489503)
  • Plume au vent comédie musicale en 6 tableaux, Jean Nohain, Paris, Paris-Théâtre, 1948 (OCLC 65775850)
  • Le Bal des pompiers, Jean Nohain, Paris, Édition du livre français, 1946 (OCLC 30724122)
  • Jean Donguès, Gosses de Paris (préface de Jean Nohain), Jeheber, Paris, 1956
  • Nos amies les bêtes, André Kertész, Jean Nohain, Paris, Librairie Plon, 1936 (OCLC 1815-1457)
  • Demain je dors, Jean Nohain et Mireille

Théâtre

Auteur
  • Mars 1938 : Cavalier seul de Jean Nohain et Maurice Diamant-Berger, Théâtre du Gymnase
  • 1946 : Le Bal des pompiers, mise en scène Pierre-Louis, Théâtre Verlaine, Théâtre des Célestins
  • Paméla, opérette de Jean Nohain et Claude Pingault
  • 1949 : Plume au vent comédie musicale de Jean Nohain et Claude Pingault, mise en scène Jean Wall, Théâtre des Célestins
Comédien
  • 1939 : Baignoire « B » de Maurice Diamant-Berger, mise en scène Jean Wall, Théâtre Marigny

Bibliographie

  • Louis-Jean Calvet, « Jean Nohain », in Cent ans de chansons française, Archipel, 2006 (ISBN 9782809813210)
  • Yvonne Germain, Notre ami Jean Nohain, Paris, L'Harmattan, 1992 (OCLC 32856550)

Cinéma

  • 1932 : Le Truc du Brésilien d'Alberto Cavalcanti (musique)
  • 1939 : En correctionnelle, court métrage de Marcel Aboulker (acteur)
  • 1953 : Soyez les bienvenus ou L'Autocar en folie est un film français de Pierre-Louis (dialogue et son propre rôle)

Notes et références

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 9/229/1900, avec mention marginale du décès (consulté le 29 juillet 2012)
  2. Virginie Bloch-Lainé, «  Raphaëlle Giordano : C’est (pas) que du bonheur » sur Libération, 1er janvier 2017
  3. Télé 7 Jours no 690, 14 juillet 1973, page 79, court portrait de Jean Nohain, à l'occasion de son passage à l'émission Témoins de Pierre Bellemare, le jeudi 19 juillet 1973 à partir de 21h 25 sur la deuxième chaîne.
  4. Télé 7 Jours no 690, 14 juillet 1973, page 74.
  5. Témoignage de Jean Nohain dans Télé 7 Jours no 690, 14 juillet 1973, page 75, propos recueillis par Paulette Durieux.
  6. Philippe Randa, L'Ordre de la Francisque et la Révolution nationale, Paris, Déterna, 2002 (ISBN 2-913044-47-6), p. 103
  7. « Jean Nohain », Centre national de documentation pédagogique (consulté le 18 juillet 2007)
  8. Télé 7 Jours no 690, 14 juillet 1973, page 79, court portrait de Jean Nohain, à l'occasion de son passage à l'émission Témoins de Pierre Bellemare, réalisée par Grégory Franck, le jeudi 19 juillet 1973 à partir de 21 h 25 sur la deuxième chaîne.
  9. Témoignage de Jean Nohain dans Télé 7 Jours no 690, 14 juillet 1973, pages 74 et 75, propos recueillis par Paulette Durieux.
  10. 36 chandelles, André Leclerc, Jean Nohain, Paris, Gallimard 1959 (OCLC 43062858)
  11. Marcel Rossi, Oui, je les ai bien connus... et alors?, Marseille, Prolégomènes, 2010 (ISBN 978-2-917584-22-4), p. 35
  12. Télé 7 Jours no 944, semaine du 1er au 7 juillet 1978, page 101, article d'Eric de Goutel : Qu'est-ce qui fait courir Jean Nohain ?
  13. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, 2006 (ISBN 978-291461-1480), p. 605
  14. « Prix Jean Nohain », Prix-Littéraire.net (consulté le 18 juillet 2007)

Liens externes

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